 Introduction :
L’Amérique
du Sud est un véritable musée climatique où
s’égraine sans relâche vallées chatoyantes
et désertes de pierres, parfois scandés d’étroits
torrents qui ne se taisent qu’à la nuit, lorsqu’ils
sont alors mués en glace. Prairies aux herbes étranges
ou encore «Terres de feu» s’élançant
soudain vers le ciel, vers des sommets nacrés de neiges, qui,
dit-on, sont éternelles.
Là, se rencontrent lamas et alpagas, fidèles suivants de leurs maîtres et bergers, les llameros. Leur terre d’origine fait donc de nos chers petits camélidés sud américains, des animaux adaptés à tous types de climats et d’altitudes. L’épaisseur de la laine du lama adulte le protège du froid mais également des rayons violents du soleil de montagne.
Un système de thermorégulation élaboré l’aide à lutter contre la chaleur et la perte d’humidité. Toutefois, sous certaines conditions et lors de températures extrêmes, les lamas (et alpagas) peuvent subir ce que l’on appelle un stress de froid (hypothermie) ou un stress de chaleur (hyperthermie).
 Quels
sont les facteurs favorisant les stress de température?
- L’âge de l’animal (comme nous le verrons, les nouveaux-nés y sont davantage sensibles).
- L’alimentation (mal adaptée en quantité ou en qualité à la saison).
- L’activité musculaire (les randonnées en période de canicule par exemple).
- La durée d’exposition au froid ou au chaud.
- L’excès d’humidité
- Le manque de sel aidant à l’hydratation corporelle
- La fièvre.
Comment reconnaître un stress de température?
- La température corporelle d’un lama varie entre 37.5° et 38.6° pour un adulte et entre 37.2° et 38.9° pour un nouveau-né.
- Toute température inférieure ou supérieure à cette normale peut s’avérer dangereuse et être liée à un stress de froid ou de chaleur.
Stress de chaleur :
Symptômes :
L’animal respire avec difficulté, les naseaux dilatés, le rythme de respiration est accéléré (visible au niveau des flancs). Si l’on n’intervient pas, l’animal peut perdre connaissance et mourir rapidement.
Quoi faire ?
Il s’agit de faire descendre le plus rapidement possible la
température corporelle de l’animal en le mettant
à l’ombre dans un endroit frais et aéré
(si possible installer un ventilateur). Il faut arroser
abondamment à l’eau froide les pattes et le
ventre. Si l’état ne s’améliore
pas rapidement, appelez d’urgence votre vétérinaire.
Comment l’éviter ?
- Tonte : il est prudent de tondre les lamas très lainés avant les périodes de fortes chaleurs. Toutefois prendre garde de laisser quelques centimètres de laine qui protégeront la peau des coups de soleil (surtout chez les animaux foncés).
- Ombre : abris ou verdures, les lamas doivent absolument pouvoir se mettre à l’ombre en été.
- Eau : le lama doit toujours avoir de l’eau propre et fraîche à disposition
- Humidité : n’hésitez pas à créer des zones d’humidité où le lama pourra à son gré se rafraîchir (sable mouillé, bassines d’eau où ils pourront se tremper les pattes, jets d’eau réglés à hauteur des pattes et du ventre. Eviter de mouiller la laine du dos qui ainsi « colmatée » retient la chaleur en empêchant l’air de passer.
- Nourriture : éviter en été les compléments trop riches en protéine afin de ne pas provoquer des échauffements
- Aération : créer des courants d’air dans les abris, au pire installer des ventilateurs (cette pratique est courante aux Etats-Unis).
- Transport : éviter de transporter vos animaux par période de fortes chaleurs. Si vous y êtes obligés, faites circuler l’ai dans les vans ou camions, humidifiez les litières. Préférez alors les voyages de nuit ou tôt le matin.
Stress de froid :
Les lamas semblent bien adaptés à nos hivers européens. Les stress de froid les plus fréquemment observés l’ont été dans des régions du nord des Etats-Unis ou au Canada, par des températures atteignant les moins 40°C que des vents violents abaissaient jusqu’à moins 70°C. Sous nos climats, ce sont les nouveaux-nés qui y sont les plus sensibles. Un lama nouveau-né peut souffrir d’un stress de froid sans pour autant que la température soit négative, sa capacité de thermorégulation n’étant pas encore développée.
 Symptômes
:
- L’animal est figé, reste couché replié sur lui-même.
- La mort due à un stress de froid est souvent plus lente que celle due à un stress de chaleur.
Quoi faire?
Il faut au plus vite faire remonter la température corporelle de l’animal :
- Bouillottes
- chauffage
- massage du corps avec des serviettes chaudes
- mettre l’animal dans un bain chaud (la température doit être supportable lorsque vous y trempez la main).
Comment l’éviter ?
- Des abris bien fermés au vent et à la pluie.
- Une bonne litière bien épaisse.
- Une nourriture plus riche que celle proposée en été.
- De l’eau à disposition en permanence.
En ce qui concerne les bébés nés en hiver, voici quelques précautions que je prends :
Pendant les quinze premiers jours, le bébé et sa mère sont enfermés dans un boxe spacieux, ne sortant pour se dégourdir que lorsqu’il fait soleil.
Les oreilles du petit sont enduites de pommade type norvégienne contre les gerçures afin de les protéger des atteintes du froid qui peut endommager les oreilles de manière définitive.
La température du boxe ne descend jamais en dessous de 10°C.
Le bébé sort plus régulièrement dans la journée lorsqu’il ne pleut pas dès que je le sens plus «solide». Il passe ses nuits en boxe pendant au moins un mois.
Jean-Pascal PETIT

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